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Oran et le Raï

Située à l'ouest Algérien, Oran est  une ville cosmopolite. Son emplacement stratégique favorise un important brassage interculturel.
Influencée par différentes vagues artistiques : Andalouse, Flamenco, Africaine,  Marocaine, orientale et bien sure Bédouine, Oran la radieuse est considérée comme la capitale du Raï. Ce style musical inventé par les bergers et les paysans les plus pauvres qui a soufflé sur elle comme un vent de folie.
L’origine du mot raï, signifie « opinion », interprété à l’époque par les Chyoukh (maîtres) et chikhets (Maîtresses), dès l’aube des années 1920 cet art prodiguait sagesse et conseil à travers de la poésie chantée en dialecte local. On y distingue deux registres : l’officiel et l’officieux.
Le premier célèbre la religion, l'amour et les valeurs morales et traditionnelles lors des fêtes des saints des tribus, les mariages ou les circoncisions ; le second se veut rebelle, interdit au yeux de la morale islamique, il est chanté essentiellement dans les souks et les taverne, ou danseuses et musiciens y évoquent alcool et plaisir de la chair.

Au début des années 30 El wahrani (l’orainais) fait son apparition. Un style musical à influences arabes, mais aussi espagnoles, françaises ou latino-américaines. C’est une adaptation du Melhoun accompagné d’instruments tel que l’accordéon, l’Oud, Le Piano ou la Banjo.

El Asri el Wahrani (Le moderne Oranais) quant à lui né dans les années 40. Avec Ahmed wahbi, Blaoui el houari et l’un de ses fondateurs. Ce genre musical nouveau inspiré des grands maîtres égyptiens de la musique arabe emprunte son style à l’orient tout en gardant le rythme et le langage poétique typiquement oranais.

Petit à petit les instruments traditionnels du raï se mélangent aux nouveaux instruments, notamment dans les années 70, avec Mes3oud Bellemou, le premier qui eu l’idée de remplacer la gasba (flûte en roseau) par la trompette lançant ainsi un nouveau style appelé le « Pop raï » dont les précurseurs seront Boutaiba sghir et Belkacem bouteldja.

Cette évolution se poursuivra jusqu'à l’arrivée des Chebs (Jeunes) vers la fin des années 70 qui, en utilisant des instruments électroniques, vont révolutionner le raï en le fusionnant au Rock, au Funk, à la Disco et au Reggae, ce qui donnera naissance au Raï moderne avec les premiers producteurs comme Mohammed Maghni ou encore Rachid et Fethi Baba Hmed.

 

Khaled l’enfant

Au fin fond des faubourgs d’Oran, plus exactement à Sidi El Houari, un 29 Février de l’an 1960, la famille Haj Brahim était joyeuse de voir arriver son nouveau né : Khaled !
Adda le papa était garagiste de profession. Mais après avoir travaillé comme Docker à Merss El Kebir durant la colonisation française, il resta un long moment au chômage après l’indépendance. Tandis que la maman, Khedidja Mabrouka, originaire de la tribu des Akermia, était mère au foyer.

Très tôt Khaled côtoya les instruments de musique et montra des facultés artistiques exceptionnelles. Plusieurs instruments faisaient son bonheur : l’harmonica du papa, l’harmonium hindou qu’il fini par piquer dans le grenier des parents de Houari un ami d’école, ou encore une première guitare « Esso » (fabriqué avec un bidon d’huile, un bâton et des fils de pèche) avec laquelle il s’éclatait en compagnie de son ami et voisin Ben3aouda qui l’accompagnait en rythme.

Issu d’une famille modeste le jeune Khaled, dès son enfance, multiplia les petits boulots pour subvenir aux besoins des siens et payer ses cigarettes (il a commencé à fumer très tôt). Il vendait du Limoun (limonade traditionnelle à base de citron), aidait le cordonnier du coin ou encore lavait les voitures contre quelques pièces…
Vers l’âge de 9 ans il chantait dans les anniversaires et les circoncisions.

Son amour de la musique le pousse, dès ses 10 ans, à créer son premier groupe « Ennoudjoum El Khams » (Les Cinq Etoiles). La troupe, composée essentiellement de Khaled au chant et au banjo, d’Abdelkader à la contrebasse, d’Abdellah au Bendir et bien sur de Ben3aouda à la percussion, reprenait les répertoires des chanteurs marocains et des pionniers du Pop Raï de l’époque. Ensemble, ils répétaient dans les locaux de la poste d'eckmuhl et chez yahiaoui (l'homme qui apprit à composer à khaled).
Ils eurent tellement de succès qu’on les surnomma les Jackson Five d’Oran.
De fêtes en mariages, ils trimballaient leur matériel rudimentaire (instruments et hauts parleurs branchés sur des batteries de voitures), jusqu’au jour fatidique où un certain Abdelkader Kassidi aborda le futur Cheb et lui proposa d’enregistrer un disque.

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